Hit and hurt... again

11 mai 2007:

Les verres volent à travers ma mémoire. Chacun d'eux contient une substance interdite. Celle contre laquelle la difficulté de combattre s'enfuit facilement, mais revient inlassablement pour nous hurter violemment le visage. Les éclats scintillent, mon sang se mêle à l'alcool. Pourtant j'essaie de résister. Pour mon honneur. Pour mes morales. Pour le travail que j'ai effectué sur moi-même depuis un an et demi.

Baisser la tête. Ne pas se remémorer. Ne pas regarder derrière. On se sent fort, on y arrive. Puis la balle perdue. Celle imprévisible. Une chanson, une odeur, une ambiance. Ca détruit tout. Tout ce qui a été accompli. On flirte constamment avec son passé, avec la nostalgie. On se dit qu'on est bien comme ça. On se dit qu'on ne manque de rien. On dit tout cela pour masquer le ravage. Car sous le pansement la plaie s'ouvre toujours plus fort. Quand le mal est fait, quand le poignard est entré, quand l'insomnie nous presse et nous tue, on a un réflexe, humain. Celui de regarder. C'est universel. On s'arrête sur l'autoroute pour voir combien il y a de morts dans le fossé. On est sensible à l'euphorie provoquée par la souffrance. Elle nous attire. Elle nous avale. On succombe. Et la plaie s'ouvre. Le virus se répand, détruit toutes nos défenses. On se sent faible. On s'abandonne. On pleure. On pleure en voulant savoir. On pleure devant des photos, en écoutant une musique qui symbolisait quelque chose. On pleure en marchant dans les rues, en conduisant, en regardant le plafond ; tout ça car on creuse encore plus dans la plaie.