27 juillet 2007:
J'ai peur de moi-même. J'ai peur de ce que j'étais avant. J'ai peur d'être seul, d'être isolé. J'ai peur quand je suis dans une pièce froide, j'ai peur quand je ne suis pas chez moi, quand je n'ai nul autre à qui parler que mon démon. C'est lui qui m'effraie, lui qui m'a hanté pendant si longtemps, si péniblement, si dangereusement.
Aujourd'hui j'ai retrouvé le sommeil, j'ai retrouvé un semblant d'existence. J'arrive à ne plus penser qu'il y a moins de six mois je flirtais quotidiennement avec mon suicide, avec la destruction de tout, de moi. Pas encore - et probablement jamais - le bonheur, mais une forme allégée de sérénité. Un flottement d'aile de papillon. Ne sachant où aller, mais sachant quelle voie prendre pour exister... quand je suis entouré.
Je suis seul dans cette grande chambre hostile. Tout m'agresse : les murs, les meubles, l'écran, le lit... et les tentantes lames, aiguilles, bouteilles semblent prendre leur pied à empirer mon état. Rien n'est à moi, et je ne peux les apprivoiser, car ils n'ont pas à m'appartenir. Sauvages, ils m'oppressent, font que je me recroqueville, que j'ai peur, que je me tourmente. L'unique interlocuteur, c'est moi-même. L'unique discussion que j'ai se fait avec mon démon. Ma création Aspique, ma définition autiste du monde, de tout, de moi-même. C'est lui qui me pousse à me faire du mal, qui me pousse à tout haïr, à tout vomir.
Pour ne pas penser que je suis fou je suis obligé de me détruire les oreilles, de chanter à tue-tête, et de répéter lassammant pendant des heures à voix basse, inaudible, que je vais bien ; tout en essuyant les larmes avant qu'elles ne se laissent rouler sur les versants de mon visage. Je crois que je deviens malade. Ma schizophrénie jusqu'alors contrôlée parfaitement semble sortir de moi. Je ne veux pas que les autres le voient. Je ne veux pas que les autres m'entendent pendant ces phases d'hallucinations maladives. Ce serait admettre une folie. Et je ne suis pas fou. Je ne suis pas fou...
Maintenant que je ne cotoie plus intempestivement la mort, que je me trouve petit à petit des objectifs qui me maintiennent vivant, dois-je apprendre à cacher cela ? Enfin, non ça je sais le faire, mais je ne pourrai pas combattre si ça devient plus puissant.
J'ai peur de moi-même. J'ai peur de ce que je risque de devenir.