Departure

20 octobre 2006:

J'éprouve le désir de partir à l'étranger depuis quelques mois. Partir pour fuir, je ne le cache pas, partir pour refonder une vie que l'on m'a volée. Il est clair et net que si je pars, je laisse tout. Quand je dis tout, ce sont mes biens matériels, mais aussi mes amis, mon peu de famille qu'il me reste (est-ce que d'ailleurs j'en ai déjà eu une de famille ?). Je couperai les ponts avec tout le monde, je ne dirai pas où je vais, car je ne voudrai en aucun cas que l'on me retrouve. Une fois installé, je démarrerai autre chose, une autre vie. Le seul point commun qu'il y aura entre aujourd'hui et demain sera mon nom. Et justement, quel est mon nom ? Combien de personnes, plus ou moins proches connaissent mon prénom ? Ca peut se compter sur les doigts d'une seule main.

Mais j'ai peur d'une chose. Est-ce que le fait que je veuille couper les ponts avec tout le monde, y compris ceux que j'aime ne cacherait pas autre chose ? Je pars pour fuir, mais une fois que la fuite sera enclanchée, que je ne pourrai plus aller en arrière, que j'aurai tout quitté, que je serai arrivé là où je me fixe d'arriver, qu'adviendra-t-il de moi ? En fait j'ai peur que je cache derrière cette envie de fuir, cette envie de refonder une vie, le désir profond d'en finir avec moi-même, dans un endroit où personne ne pourra me venir en aide, et où personne ne le saurait. Mon esprit me manipule depuis ma naissance, j'ai appris à le connaître, mais je ne sais pas ce qu'il peut me cacher dans ces moments.

Oui j'ai envie d'en finir, mais j'aimerais le faire auprès des miens, je me sentirais moins seul. Peut-être que mon esprit, le bon, qui sommeille en moi voudrait que je fuie avant pour ne pas faire souffrir ceux que j'aime.

Avant d'en arriver là, avant que ce ne soit trop tard, pardonnez-moi. Je sais que si je fous le camp demain je n'aurai plus l'occasion de vous le dire. Alors voilà, c'est dit.


To run away from all the pain of life,
To bring my end to an end.
Distance yourself from the pain that covers me
As I reach out for your hand to find there's nothing left for me.